lundi, avril 23

The Saigon Sifaka strikes back...

J'ai un pote qui est ici depuis au moins 2 semaines. Il est en stage ici un peu, parce qu'il a lu mon blog. Il s'est dit : "pourquoi pas moi ?". Trois membres de la mafia MIAGe de Rennes à Saigon, c'est cool ! En plus, de son humour décapant, il a ramené : des livres, du chocolat, du vin et du fromage, ça fait du bien !

J'étais tellement content de trouver des livres infermables que me suis rendu compte que même la circulation de Saigon ne m'impressionne plus, avant je me tenais prêt à sauter au moindre truc (je pouvais lire un peu, une lettre ce n'est pas très long, je lis des passages...) Maintenant, je prends carrément un bouquin, je me mets des écouteurs sur les oreilles et je fais confiance au chauffeur de motorbike. Je fais mon parisien : xe om, boulot, dodo. Je dis ça mais je me retourne quand même pour regarder les filles ;-)

Comme je ne poste plus très souvent, par manque de temps et d'inspiration, et aussi parce que la communication ne marche pas sans feed back, et puis il fait trop chaud, et j'ai peur de rester très longtemps derrière ma machine qui est sous le ventilateur qui menace de se décrocher et me décapiter et parce que la pluie tarde à venir et parce que la vie est belle et que je suis tout le temps dehors, sauf quand je suis à l'intérieur en train de travailler donc pas en train de raconter ma vie, je ne fais plus que répondre à la question What are you doing ? sur twitter. C'est marrant, ça fait un peu exhibitionniste mais bon... je peux dire des bêtises à chaud en envoyant des SMS au serveur qui les mets sur Internet et qui envoie le même message à tous ceux qui m'aiment et qui me suivent :-)

Je ne promets rien, je vais peut-être finir les articles que j'ai en brouillon depuis des mois, en attendant, vous pouvez vous rabattre sur les comptes-rendus presque quotidiens des rebelles qui se battent contre le coté obscur de la force...



Darth Vader c'est l'ennemi...

et je continue à lire : 23 avril journée mondiale de livre...

samedi, avril 7

Avec un H comme dans Professionnel

C'est bientôt la saison des pluies. Et comme je l'ai dit dans un précédent article, notre maison n'est pas une maison, c'est le titanic : elle prend l'eau.

Il a plu un peu la semaine dernière. Et le balcon du premier étage est bouché. Du coup, je suis fier d'habiter dans la seule maison du quartier avec un balcon piscine. C'est un peu crade, mais comme disent les filles, c'est funny... et ça rafraîchit le bureau. Quand il fait 40°C, on prend tout ce qui peut rafraîchir...

Donc le propriétaire a envoyé quelqu'un pour réparer l'évacuation du balcon. Il est arrivé les mains dans les poches sur son motorbike. Il regarde et il nous demande si on n'a pas quelque chose pour déboucher le trou. Comme si on l'aurait appelé si on pouvait le faire nous même... Il regarde, prend son téléphone, appelle des gens, et il me demande de lui ouvrir la porte parce qu'il repart.

Et là je remarque le seul outil qu'il avait avec lui : une hache !

mercredi, mars 7

Tu sais ce qu'on fait des gens sarcastiques ?

Il est presque 19h à Saigon. Je suis tout seul au bureau, il fait chaud, j'arrête de travailler, je m'en vais à la douche, quand Ring my bell chante mon téléphone en vibrant sur le bureau :
- Hello ?
- Hello ? t'es où ?
- Devant mon mac...
- Il t'a appelé ?
- Non.
- parce qu'Il m'a appelée, Il est à la cantine, tu nous rejoins ? Moi, j'y vais tout de suite parce qu'Il a dit qu'Il allait mourir...
- ?? OK.
[...]

Une demi-heure plus tard, à la cantine.
- Salut !
- Salut ! je suis enceinte.
- Qui est enceinte ?
- Moi !
- Hein ?
[...]

Je vois bien qu'ils se moquent de moi, mais... Vu le dramatique de l'appel qui m'a fait venir, j'ai hâte de savoir !
- Faut qu'on lui trouve un nom ! me dit-Elle.
- Hein ?
- Un nom de garçon ! D'accord ? demande Elle à Lui
- Non, plutôt un nom de fille parce que c'est chi*** ! répond Lui.
[...]
- Gédéon ? [Monsieur et madame Groidanlapiscinénesaiquenfer ont un fils...]
- Gédéon c'est bien, me répondent-ils enthousiastes.
- Je peux savoir ce qui se passe ?
- Je suis enceinte, me répète Lui.
- Toi ?
- Tu ne vois toujours pas ? me demande Elle.
- Non...

Elle me donne un indice : "un an de gestation..." Je n'ose pas imaginer le truc, ils commencent à me faire vraiment peur.
- On a faim, dit Lui.
- On ?
- Oui, "on", je suis deux maintenant...
- Je veux bien une bière.
- Nous aussi tiens, dit Lui.
- Vous buvez trop les gars, dit Elle.
- A. m'a dit qu'il faudra l'inscrire aux alcooliques anonymes dès sa naissance, répond Lui.
[...]

Début du passage un peu sale. Âmes sensibles, vous savez ce que vous avez à faire.
- Alors, c'est quoi le truc ?
- Quand je vais déposer des amis à la piscine, j'ai des aliens qui sortent avec eux...
- Ah... Depuis quand tu le sais ?
- 3, 4 jours... et le pire c'est que l'alien peut sortir tout seul, tu as un alien dans tes sous-vêtements le matin, très agréable...
- Brrr...

Et là, Lui commence à me parler de té-a-edanla-ene-i-a tænia. Surpris, j'étais parce que Lui semble plutôt bien portant... Je voyais l'hôte du ver solitaire comme une personne plutôt maigre qui mange beaucoup sans grossir.

Retour sur terre pour moi, je mange souvent dehors, dans les petites gargottes. Au début, je faisais attention, je ne prenais ni salades, ni crudités. Je m'assure toujours que la viande de porc est cuite à coeur. Le steak je le préfère saignant. Et avec le temps, je me suis relâché... De toutes façons ce week-end on se barre sur la côte je pense...

Le ver solitaire, qu'on attrape avec de la viande de porc ou de bœuf mal cuite, n'est pas si grave que ça, c'est juste gênant d'y penser. Par contre, la nourriture crue, mal nettoyée, peut transporter les œufs de la ténia du porc, et peut provoquer la cysticercose.

En tout cas ce qui est sûr, c'est que les gens qui déposent leurs amis n'importe où ne devraient plus le faire, il faudrait les sensibiliser pour qu'il sachent que beaucoup de maladies sont liées à leur activité illicite. Il faudrait leur dire de déposer leurs amis à la piscine... ça éviterait aux mouches et aux autres êtres coprophages de répandre des maladies...

Extrait de discussion entre Elle et Lui :
[...]
- Tu sais ce qu'on fait des gens sarcastiques ?
- On leur offre des vers ?

mardi, mars 6

ça pique là-bas...

Je suis passé déposer des potes à la piscine et ça m'a rappelé que le piment, non seulement ça pique ici, ça pique aussi là-bas !

Et qu'est-ce qu'on en mange du piment ici. À chaque fois que j'achète à manger dans la rue, j'ai droit à 2 petits piments rouges.

Le piment se découpe à la cuillère (parce qu'il n'y a jamais de couteau à table) dans la petite coupelle à sauce. Que ça soit de la sauce de crevette fermentée - qui a une odeur tellement forte que les étrangers ont un peu de mal, je ne peux pas en manger beaucoup (parce que allergique aux crevettes, je suis) mais j'en mange, c'est particulier comme sauce, et j'aurais du mal à manger cette sauce ailleurs - que ça soit du nioc mam, que ça soit de la sauce soja. Tu découpe toujours le piment dans la sauce. Tu arroses ton bol ou tu trempes le morceau que tu veux manger dans la sauce.

Quand au petit déjeuner, je prends de temps en temps un plat de nouilles aux légumes (Mi Xao) avec des nems et des petits bouts d'omelette, si je prends à emporter, j'ai droit à un petit sachet de nioc mam avec du piment prédécoupé. Arrivé à la maison, je n'ai plus qu'à arroser mon plat de nouilles.

À chaque fois que je mange avec les filles du boulot, je suis impressionné, elles ne peuvent pas manger sans piment ! Je n'en ai pas trop l'habitude, à Mada on ne mange pas épicé, ça dépend des gens - il n'y a pas systématiquement du piment dans les plats...

D'après un pote vietnamien un peu playboy, pour savoir si une fille est jalouse ou pas, il faut la faire manger épicé, si elle aime, tu peux la tromper... Du coup, il m'a dit les filles de Thaïlande, elles ne sont pas jalouses du tout parce qu'elles aiment bien quand c'est hot and spicy.

Et moi, j'aime bien manger épicé, mais pas les deux en même temps (n'est ce pas Alex ?)...

dimanche, février 25

Têt Nguyên Dán [encore]

Dimanche dernier, j'ai passé la journée avec Thang, son petit frère et sa petite soeur. Cette fois j'ai assuré, j'ai apporté l'enveloppe rouge et donné le lucky money à tous...

Nous avons passé la journée ensemble. Re-promenade sur Nguyen Hue. Pris des photos, joué aux touristes asiatiques. Thang m'a dit qu'il devait avoir sa photo sur une exposition de photos des événements qui ont marqué l'année dernière. En effet, il fait partie d'une équipe d'étudiants (BKPRO - l'université polytechnique de Saigon) faisant de la robotique. Le Vietnam - son équipe - a gagné le concours Robocon de l'année dernière. Il était déçu parce que la photo affichée ne le représentait pas... mais il a quand même pris une photo à côté de la photo.

Dès que je prenais une photo avec le frère et la soeur de Thang, d'autres personnes voulaient prendre des photos avec moi, ça fait bizarre, je n'ai encore rien fait et je suis déjà une star... je me demande comment ce sera quand ce sera le cas (je cherche un groupe de Ska vietnamien pour jouer de la basse dedans)... Et sinon, je cherche toujours une photo de moi prise par des journalistes quand je tapais sur des tambours chinois (pour la danse du dragon). J'aurais dû leur demander pour qui ils travaillaient...

J'ai essayé de me battre pour avoir ma part de banh trung mais je suis trop grand, et les personnes qui faisaient la distribution n'arrivaient pas à m'atteindre (ou le contraire) l'assiette se faisant attraper en route... mais Thang était plus malin (et plus petit) nous avons réussi à avoir notre part de Banh Têt !

Le banh têt ou banh trung, gâteau traditionnel du têt ressemble au koban-dravina [gateau traditionnel malagasy, fait avec du riz et de l'arachide, un gâteau sucré], mais seulement d'aspect. Il est fait avec du riz, des haricots et du porc, un gâteau salé, le tout enveloppé dans de la feuille de banane.

Après notre promenade, nous sommes allés à la messe à la cathédrale Notre-Dame de Saigon, la chorale était très sympa ! Il faisait faim, quand il fait faim, le soir, rien de tel qu'un bon Pho. Après nous avons fini à la maison pour déguster le banh trung qu'ils ont ramené de chez eux.

Le mardi d'après, Thang me dit "je passe te chercher à 9h, nous irons manger chez moi (dans ma famille) puis nous irons à Vung Tao (Cap Saint Jacques en Français)"
Je dis OK.

Il arrive à 10h, direction le centre ville. Nous arrivons chez un ami à lui. Ils sont 2 dans le salon en train de discuter avec la maman, en buvant du thé et en mangeant des graines de citrouille (comme dans le Maghréb !). Nous entrons, saluons la maman, les deux jeunes, échanges de voeux... Nous discutons un peu, je ne sais pas exactement se qui se passe, les autres discutent en Viet'. Je crois comprendre que le programme n'est pas fixé d'avance...

On entend une motorbike arriver, et on voit arriver Janet [une jeune et jolie cubaine qui fait ses études à Saigon] et un autre pote à Thang. Ils restent un peu discuter, échange de voeux et on se bouge. Direction une autre maison en ville, la même scène... et l'équipe s'étoffe. En sortant de Saigon, nous sommes 7 sur 4 motorbike. Quelques kilomètres plus loin (10km ?) Nous arrivons chez une amie de Thang, dans un quartier qui ne fait plus partie de Saigon, un quartier avec que des belles maisons, mais un quartier encore en train de se construire.

Les parents nous font entrer, nous invitent à manger (il est presque midi). Thang explique que ses parents ont déjà prévu à manger pour tout le monde et tout... Du coup les parents de la copine insistent pour qu'on prenne au moins des fruits avec eux. Le papa parlait espagnol et devisait gaiement avec Janet...

Chez Thang, où du poisson, du banh trung, de la bière, du riz (bien sûr), du poulet, des chips de crevette... nous attendaient. Nous nous sommes jetés sur la nourriture et nous ne nous sommes pas attardés, à la fin du repas - c'était bien bon - nous avons rejoint notre étape suivante, la maison de Khan, un colloc' de Thang.

Vung Tao, c'est mort, pourtant je me suis préparé psychologiquement pour la baignade... mais je n'en voulais pas à Thang, j'ai tendance à faire pareil, et je suis nul en organisation. Et la tournure des événements ne me déplaisait pas.

Arrivée chez Khan, on se rafraîchit dans le salon, en grignotant des graines de citrouilles grillées. Puis je ne sais pas qui a proposé de jouer au cartes... Donc jeu de cartes, un jeu bien débile (je peux le dire parce que j'ai joué et perdu des sous) une sorte de black-jack ou tu paries à l'aveugle sur ton jeu. C'est comme au loto... juste de la chance... j'ai perdu 20 000 Dong (c'est la honte - de jouer des sous, mais aussi de perdre ! mais malheureux aux jeux...) Je n'aime pas jouer des sous aux cartes, mais là c'était une exception, c'était à l'occasion du têt.... Je crois que Thang va se trouver une copine cette année, il doit au moins 40 000 Dong en tout à tout le monde...

Après le jeu de cartes, il faisait moins chaud dehors, nous sommes allés nous promener et prendre des photos sur les quais. Au milieu des fleurs... C'est sympa le printemps quand même ! puis nous sommes allé voir un autre pote à Thang, qui nous a accompagné dans un café japonais pour boire du ca phe rum da (café glacé au rhum...)

La journée s'est super bien passée, j'étais très content. J'aime bien ces petits jeunes, ils sont sérieux, ils respectent les anciens, ils respectent la tradition et ils sont ouverts... Thang m'a dit que la veille, lui et ses camarades de classe étaient allés rendre visite à leur professeur, les filles ont fait à manger, et les garçons jouaient au cartes (c'est normal, les filles aux fourneaux !) et si je m'installe ici, c'est sûr, je me fais prof' !

Le soir, je n'avais pas beaucoup envie de rentrer à Saigon, du coup je suis resté avec Thang (ça l'arrangeait), nous sommes encore allé visité un cousin à lui. Bu des bières. Diné avec sa famille - élargie deux cousins, la femme et les enfants d'un des cousins, la soeur de son père, des cousines.

Après le repas, nous avons prié avec sa famille pour commémorer le jour du décès de son grand-père, ça faisait vraiment comme à la maison... Et le lendemain, lever à 4h pour le mercredi des cendres (c'est l'heure à laquelle je me couche...) et j'étais impressionné parce que l'église n'arrivait pas à contenir tout le monde - et il n'était que 4h du mat'...

Plus tard dans la matinée, nous sommes encore allé visité un autre ami de Thang. Ensuite nous avons rejoint Khan qui m'a emmené faire un tour dans la zone industrielle de la ville (Bin Hoa), qui est une des plus grandes zones de production du Vietnam. Et là, que des usines à perte de vue, mais vides (comme un dimanche). Impressionnant !

Vạn sự như ý !

samedi, février 24

Chúc mừng năm mới [encore] et Vingt-sept new year !

Vạn sự như ý ! - Meilleurs Voeux !

Se prononce à peu près comme 27 new year !. Nad' se moque de moi, mais à chaque fois que je le dis comme ça, les gens me comprennent. De toutes façons, elle se moque de moi tout le temps quand je dis "Chúc mừng năm mới !" à tout le monde, au lieu de dire bonjour, je ne comprends pas les réponses, mais je sais que ce sont des souhaits qui ne peuvent qu'être bons pour moi. Je prends.

J'ai un peu de retard mais les voeux sont retro-actifs ! et puis j'avais tellement [tellement] à faire... donc Vạn sự như ý ! et j'ai mis des photos ici.

Le vietnam est un pays qui il n'y a pas si longtemps que ça (genre il y a 10 ans) était composé à 90% de paysans... Maintenant 35% de la population vit en ville. Mais les gens n'ont pas oublié d'où ils viennent, du coup, le Têt qui est une fête paysanne (le nouvel an paysan comme j'ai lu quelque part) est suivi par tout le monde. Traditionnellement, il dure 6 mois (selon "Luc" un vieux du quartier, mais nous étions avinés quand il me l'a dit...), qui correspond à la période où il n'y a rien à faire aux champs. C'est pareil à Madagascar, les fêtes traditionnelles comme le famadihana se font pendant la période où il n'y a rien à faire aux champs [la vie, la vraie c'est].

Les fêtes du Têt ne durent, officiellement, plus que 3 jours. Mais cette année, elle dure à peu près 2 semaines parce que le jour de l'an (17 février) est tombé un samedi et qu'on ne compte pas les week-end. Du coup, le travail ne reprend que le lundi 26 février. (je ne sais pas compter...)

Nous avons arrêté de travailler le mercredi soir de la semaine dernière pour presque 2 semaines de vacances. La plupart des vietnamiens ont rejoint leur village natal. Les expat' en profitent pour voyager... Ma colloc' et moi avons choisis de rester à Saigon. Je devais bouger avec Thang et un ami à lui, mais ça ne s'est pas fait...

Vendredi après-midi, promenade dans le centre, première remarque de Nad' : "On est dimanche !" Je n'ai pas compris tout de suite. Après j'ai compris qu'elle voulait dire un dimanche en France... Et c'est vrai, Saigon était vide. ça faisait vraiment dimanche comme nous on l'entend. Les autres dimanches, il y a du bruit, des gens partout... Là, tout était fermé, il y avait bien quelques trucs d'ouverts mais, c'était calme ! c'était une atmosphère surréaliste...

Saigon, c'est comme Paris, il n'y a pas tant que ça de vrai Saigonnais, la population vient de partout sauf de Saigon. Notre quartier est peuplé de gens du Nord (du côté de Hanoi) qui rentrent chez eux sans penser à la vie de ceux qui restent pour le têt qui ne savent pas cuisiner, et qui sont complètement "addict" au gâteau de manioc au petit déjeuner.

Donc vendredi, nous sommes sorti du côté de la rue Nguyen Hue, dans le district 1 (le centre bien sûr...), rue super bien décorée, il n'y avait pas grand monde, nous en avons profité pour faire comme tout le monde, faire des poses et se prendre en photos à côté des cochons et dans les fleurs jaunes. Signes du Têt et du printemps dans le sud.

Plus le soir approchait, plus les gens arrivaient, et là, c'est l'Asie et la pression de la population ! Mais c'est super sympa. La joie est très communicative.

Le têt de Saigon me fait un peu penser à la fête de l'Indépendance (le 26 juin) à Madagascar. [Je crois que c'était la date du nouvel an traditionnel à Madagascar, je n'en suis pas sûr...] Si vous l'avez vécu vous voyez ce que je veux dire. Sinon, il faut le vivre pour comprendre. Grossièrement, je dirais que à la campagne - pas à Tanà, parce que les gens y sont plus ou moins blasés - à la campagne, les gens sont contents, il se promènent avec leur lampions, la récolte vient de monter. On achète des nouveaux habits aux enfants, on fait exploser des pétards, on mange de la viande de cochon, on boit, on danse... Une fête rurale, avec des gens heureux, un peu superstitieux, qui savent vivre ! Qui se contentent de tout, qui trouvent tout beau, pas difficiles pour 2 sous... Et puis tu rentres dedans, et tu es heureux toi aussi !

Le soir, Gium nous rejoint. Nous avons du mal à trouver un resto. Nous avons pris l'habitude de ne pas réserver... et il n'y a pas tant que ça de resto ouvert ! Finalement, nous finissons dans un resto Thai. (C'est bon !)

Puis re-promenade dans le centre. Les photos de la soirée ici (Têt Nguyen Dan). Puis nous décidons de rejoindre Thanh de la Cantina (le meilleur resto mexicain de Saigon) qui travaillait ce soir. La circulation est infernale, tout le monde voulait voir le feu d'artifice ! c'était pire que sur la rue de la révolution du mois d'août ! c'est dire...

à Minuit, On fait sauter le bouchon du pink champagne on ice, Gium a tout prévu, il donne le lucky money au petit frère et à la petite soeur de son ami Thanh dans la petite enveloppe rouge ! la classe ! j'étais déçu, je suis trop vieux pour recevoir mon lucky money...

Puis, petit tour à la pagode juste à côté avec Thanh et tout le monde. J'ai fait comme tout le monde, j'ai mis l'encens entre mes mains jointes. Je me mets devant le meuble avec des photos de pleins d'ancêtres de gens que je ne connais pas, je me suis dit, peut-être dans la masse, il y a des miens... Puis mains au front, pencher la tête 3 fois, planter un bâton dans le pot plein de sable. Aller devant la statue du Bouddha, le même rituel. Puis devant un autre autel plein de photos, le même rituel encore. C'était un grand honneur d'accompagner Thanh honorer ses ancêtres...

À partir de minuit, les portes des gens deviennent filtrantes, parce qu'il ne faut pas laisser rentrer n'importe qui. La première personne qui rentre est la personne la plus importante de l'année.

Le premier jour de l'année, jour du chef de famille.

Le deuxième jour, le jour des éducateurs (professeurs, enseignants), ils ont vraiment une place à part dans la société.

Et à partir de là tout le monde se rend visite pour se souhaiter les bonnes choses.

27 new year à tous !

vendredi, février 16

Des fleurs bleues et des fleurs jaunes...

Hier c'était la Saint-Valentin. Et ma Valentine a soudoyé la poste pour que le paquet qu'elle m'a envoyé arrive exactement le bon jour ! qu'est ce que c'est bien les lettres manuscrites quand même, tu peux les lire partout, et les relire... bien sûr, les mails ça s'imprime mais, le parfum sur la lettre... [je crois qu'on peut diffuser des odeurs sur le net maintenant... mais ce n'est pas pareil !]

Hier je ne sais pas trop si c'était pour la Saint Valentin ou si c'était pour le Têt que les gens étaient dehors. Il y avait du monde, impressionnant !

Il y avait des couples mais, il y avait quand même beaucoup de monde... On sent l'atmosphère festive. Des fleurs jaunes partout, du papier rouge avec des écritures dorées, des sortes de lampions rouges, et des lumières, c'est impressionnant à quel point Saigon est illuminée... C'est presque comme dans le quartier chinois à Paris ! sauf qu'il y a trop de motorbikes ici...

Les Saigonnais sont assez fleurs bleues. Les filles se font offrir des roses rouges. Les maisons et la rue sont envahies par des fleurs jaunes... Et les pépinières font pousser des arbustes avec des fleurs roses ! Le marché aux fleurs est vraiment... Je vous laisse imaginer.

Les sorties en amoureux, Les ballades dans le parc au clair de lune, Les chansons d'amour, la poésie... Les gens savent vivre, et ils sont heureux.

Nous sommes sortis dans un café latino [Le Carmen]. Un groupe chantait. Un des chanteurs imite assez bien Louis Armstrong : "And I'm thinking to myself, what a wonderful world..." avec une voix bien grave qui contraste avec sa voix toute douce quand il parle Vietnamien.

L'autre chanteur, un philippin, assez mignon d'après Nad' (Binh Thuong [normal], je réponds, c'est un cousin [les philippins sont cousins éloignés des malgaches. Le tagalog et le malgache font partie de la même famille de langue]) chantait en espagnol avec un accent italien d'après Gium. En tout cas, prestation très ... sensuelle ?

Et il ne peut y avoir de soirée de Saint-Valentin sans "Chansons d'amour" [en français dans le texte NDLR]. Je ne me souviens pas des chansons. Du Joe Dassin sûrement ? et autre chose ? ça ne m'a pas marqué. En tout cas, ce qui est sûr c'est qu'ils ont interprété "Gaston" de Nino Ferrer à la latine, c'était tout simplement... wonderful !